I love Perm


Quand on s’arrête à peine 2 jours quelque part, on a le droit de se faire un sentiment immédiat et subjectif. Les premières impressions font foi, tant pis si elles sont personnelles et injustes. Et qu’on aurait peut-être pas le même point de vue lors d’une seconde visite.
Je suis passée à côté de Kazan. J’aime Perm.
Depuis Kazan, je rebrousse chemin vers l’ouest via Iékaterinbourg, dans un train de jour pour une fois. Chance, c’est le mythique Rossya de retour de Vladivostok pour Moscou, je suis toute excitée d’y poser le pied. Je rencontre Anna de l’université de Perm et nous sympathisons avec les 3 garçons du compartiment qui nous invitent au wagon-restaurant. Dire que personne ne se connaissait au départ : voilà qui ne m’arrive jamais dans le Paris-Marseille. On m’assure qu’il faut certaines circonstances pour rapprocher ainsi des voyageurs russes : une touriste française qui trépigne pour voir le wagon-bar, par exemple. Moi je vois bien qu’ici tous les gens se causent au moins un brin.

A Perm : l’air frais de Sibérie sous un grand ciel bleu, une noce au bord de la Kama sur fond de dance music. La galerie d’art et le musée ethnographique sur la trace de ce qui fait le mystère de l’Est pour nous, gens de l’Ouest, ces mélanges d’ethnies et de religions : statues maladroites de Christ aux faux airs asiatiques, souriantes pièces de bronze primitives, tableaux impressionnistes de mariages comme des contes orientaux et d’isbas sentant bon le propre et les fleurs fraîches. Avec quelques souvenirs émouvants du passé proche.


Sur ce foulard des années 1930 : Lénine au centre, et dans les coins : Kalinine, Marx, Engels. Un 4ème personnage a été soigneusement découpé : Trotsky ?


Ce foulard rouge de petit “pionnier” (scout soviétique) m’évoque mes manuels de russe, dans lesquels les personnages se passionnaient pour les cosmonautes, collectionnaient invariablement les timbres – à moins d’aller ramasser des champignons.

Et puis il y a mon hôtel : un machin soviétique rénové de 400 chambres qui me ravit, peut-être parce que j’y ai une chambre pour moi toute seule et une baignoire… A quoi ça tient d’aimer une étape !


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