Shanghai

A Shanghai, je viens retrouver Taï et puis Alice. C’est ma quatrième visite et cette fois, j’ai eu droit à de nombreuses mises en garde : une ville de gens pressés, snobs et matérialistes, où il est bien difficile de faire son trou quand on vient d’ailleurs – sauf si vous êtes étranger auquel cas où vous fera des ronds de jambe intéressés. Tout juste si je n’ai pas l’impression de rentrer à Paris plus tôt que prévu.

Et puis finalement, je ne me lasse pas de cette ville, plutôt laide, chaotique et peut-être pas vraiment cosmopolite (malgré le nombre d’étrangers au m2), mais pleine de personnalité et de lieux faits pour plaire au voyageur de passage.

J’aime bien me créer des rituels immédiats. Cette fois-ci, ce sera le thé dans la Old China Hand Reading Room de Shaoxing Lu, dans la Concession Française : un endroit tranquille où savourer des heures de lecture avec un pichet d’eau chaude pour renouveler son Oolong.

Derek Er, le propriétaire, est un photographe amoureux de sa ville : ses clichés vus d’avion dévoilent le visage totalement space de Shanghai.

(Dommage qu’il ne publie rien sur le web, au point qu’il n’y ait pas grand chose à vous montrer. On peut voir ses photos dans sa galerie de Taikang Lu.)

Autre rituel, les brochettes de nuit dans mon stand barbecue préféré (au croisement Jianging x Fengxian), ouvert jusqu’à 4h du mat dans une ville pas exactement noctambule.

Un endroit éphèmère et particulier où je croise à toute heure des joueurs chinois venus tenter leur chance dans la gaming arcade du 3ème étage, et aussi un avocat américain de l’Oregon, un prof de yoga de Bombay…

Même sous la pluie d’été, je ne me lasse pas de balades sur Bund, l’alignement de buildings coloniaux cossus et froids qui bordent le fleuve Huanhpu, toisés par la skyline futuriste de Pudong, de l’autre côté.Ca a quand même plus de gueule que les Champs-Elysées, non ?

Alice et son ami Chalkman me font découvrir m50, paquets de galeries d’art, librairies et cafés cosy au milieu d’un quartier de grands immeubles et de maisons en attente de démolition.

Dans les galeries, des machins contemporains pas convaincants générés par la spéculation (on est à Shanghai tout de même, art is business). Découvertes : de chouettes expos de photos.

Et puis le peintre Wu Guanzhong. Difficile pour mon oeil occidental de sentir des « styles » personnels dans la peinture chinoise. Les siennes respirent la joie de vivre et la personnalité. Je m’en veux de ne pas avoir volé quelques photos, ce qu’on trouve sur Internet ne lui fait pas justice. On peut voir ses oeuuvres à la Shanghai Baiyaxuan Gallery.

Dans le marché des antiquités (principalement fausses) de Dongtai Lu, tout est devenu hors de prix et l’anglais des vendeurs n’a pas tellement progressé (“Looka, looka”, “Old, old”). Mais regarder les marchands faire la sieste ou jouer aux cartes au milieu des stands est un plaisir.

 

J’achète une chouette montre vintage à ressort « Shanghai ». Le temps de faire le tour du marché, je peux la ramener, elle ne marche déjà plus. Certainement, le signe que je dois revenir bientôt.

Bar à vin avec crêpes jusqu’à 3h du matin. “Y”, 125 Nanchang Road

Un magasin de thé  et de bijoux où passer un bon moment au n°35, 155 lane, 210 Taikang Lu (Gha Zhi Wei).

3ème photo : Cha’s restaurant, petite cantine au 30 Sinan Lu. D’après le menu, on peut y boire du coca bouilli au gingembre ou du Coca à la glace au chocolat, mais j’ai pas eu le courage d’essayer : vous me raconterez quand vous irez ?


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.