Le concept de Transsibérien

LE Transsibérien. Filer à toute allure vers Beijing dans la toundra glacée, boire une tasse de thé bien chaude tout droit sortie du samovar ou un délicieux bortsh au restaurant, paresser sur des banquettes épaisses et rencontrer des aristocrates russes en fourrure,… Ce ne serait pas votre image du Transsibérien par hasard ? J’avoue, c’était la mienne avant de me renseigner : un mélange de Corto Maltese en Sibérie et ce livre qui m’a fait rêver petite. Peut-être avez-vous la télé êtes-vous mieux renseignés que moi ? Pour ceux qui rêvent comme moi mais veulent en savoir plus, quelques infos basiques et une carte.

Pleins de trains différents empruntent les lignes qui desservent la Sibérie. Les Russes se déplacent pour de vrai de Saint-Petersbourg à Tioumen, de Perm à Tchita, de Novossibirsk à Oulan-Oude (sans blague). Pour le boulot, voir la famille, les vacances – comme nous prenons le Paris-Bordeaux. De tous ceux que j’ai rencontrés, pas un ne m’a dit connaître ou comprendre ce mythe européen du voyage en Transsibérien et presque tous auraient préféré prendre l’avion, pas toujours disponible ou trop cher.

Les trains n’ont rien de luxueux, même les « firmenie » (« luxe ») qui sont simplement plus modernes et confortables : de vrais trains quoi.

Techniquement le Transsibérien proprement dit désigne la ligne Moscou-Vladivostok (sur laquelle circule notamment le mythique Rossya) : c’est le Transmongolien qui rallie Beijing au départ de Moscou via la Mongolie – que le Transmandchourien évite. Quant au BAM (Baïkalo-Amourskaya Maguistral), il relie Taïchet près du lac Baïkal a la côte pacifique – c’est celui qu’emprunte aujourd’hui les voyageurs les plus snobs aventureux : ils trouvent le Transsibérien trop fréquenté par les touristes (je n’en ai pas rencontré un seul dans le train jusqu’à la frontière mongole, on me dit que c’est très différent en été). La construction de chacune de ses lignes a représenté un enjeu stratégique et économique pour le pouvoir tsariste puis soviétique. Et aussi un énorme défi – notamment la ligne BAM, folle épopée soviétique au coeur de la féroce Sibérie.

Il n’existe pas un billet transsibérien avec possibilité de s’arrêter comme on me le demande souvent (en fait en théorie oui, mais en pratique non), un tronçon = un billet, comme pour Paris-Bordeaux avec un stop de 2 jours à Poitiers.

…Et le wagon-restaurant alors ? C’est la loterie : dans l’un, comme je demande en quoi consiste le « royal breakfast » (le premier sur la liste), on me répond avec un haussement d’épaules : « j’en sais rien ». Dans le suivant, je commande sans conviction une omelette aux herbes, et entends battre les oeufs en coulisses avant de manger la meilleure omelette de ma vie (il y avait des pieds de veaux pour les amateurs).
Voilà, vous savez tout, ou presque : à suivre, un bout de route à bord du « Baïkal » entre Perm et Ikoutsk.

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3 commentaires on “Le concept de Transsibérien”

  1. Ibo dit :

    « de Novossibirsk à Oulan-Oude »
    j’adore…
    tous ces noms mythiques, voire exotiques,
    bien plus évocateurs (de quoi, d’ailleurs ? d’une autre vie rêvée peut-être ?) qu’un si provincial « Rouen-Dieppe » ;o)

  2. […] train avant la Chine, dernier parfum de Transsibérien : des wagons mongols avec tout le confort […]

  3. Isa A "cousin" dit :

    Moi je dis comme la dame « Hum CORTOUCHKA »… Auras-tu rencontré ne serait-ce qu’une effluve du fantôme de CORTOUCHKA…Hum CORTOUCHKA


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