La frontière (2)

Un train vert épinard plus tout jeune pour m’emmener en Mongolie, d’Oulan-Oude à Oulan-Bator. Mon premier trajet en koupé (compartiment fermé, 4 couchettes seulement), que je partage avec Rafael, de Francfort. A bord, d’un coup, plein de touristes. Comme ce couple d’Australiens traumatisés par les arrêts en gare : il est parti chercher quelque chose à grignoter lors d’un petit stop sibérien… et le train est parti sans lui (« Ils n’attendent pas forcément l’horaire annoncé, le train part dès qu’il est prêt, faites attention »). Ils se sont retrouvés à la station suivante… et ont attendu 2 jours le train suivant pour leur destination. Nb : les trains que j’ai pris étaient scrupuleusement à l’heure à l’arrivée et au départ.

2 frontières à passer, 8 heures en tout, et surtout un très long moment à quai côté russe. Parfois nous avons le droit d’aller sur nous « promener » sur le quai ou aux toilettes, le reste du temps nous sommes consignés dans le train pendant que nos passeports sont contrôlés. Prendre le Transsibérien est décidément un long voyage.

(aucune question sur l’enregistrement de mon visa, tiens tiens ! J’avais appelé le consulat de France à Moscou pour en savoir plus sur cette histoire : on m’y avait fait un sermon sur la nécessité de l’enregistrement dans CHAQUE ville. Hum. Enfin j’ai bien compris que la loi peut s’appliquer différemment suivant l’endroit d’où l’on sort/le douanier sur lequel on tombe. Dans un train plein de touristes c’est aussi tranquille qu’à l’aéroport de Moscou en tous cas.)

Je discute avec Solongo, 16 ans, qui vit au Kazakhstan : elle rentre à Oulan-Bator avec sa grand-mère après 2 ans d’absence. « J’ai une grande soeur et un petit frère, il n’a pas pu venir parce que mon père ne le laisse pas faire un long voyage sans lui : mon frère c’est tout pour la famille. C’est comme ça en Mongolie, c’est le garçon qui compte. Non, ça ne me gêne pas, je sais que ce sera comme ça aussi avec mon mari, il me demandera un garçon. Je crois que j’aurais voulu être médecin, mais ma grande soeur fait des études de médecine et mon père dit que 2 médecins dans une famille, c’est pas possible. Ah merci, oui le poisson séché je veux bien, mais pas le pâté de canard : mon père ne veut pas que je mange des oiseaux sauf le poulet, je ne sais pas pourquoi. » (Dis donc, j’ai 2 mots à lui dire moi, au papa de Solongo…)

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One Comment on “La frontière (2)”

  1. anne dit :

    pas d’oiseaux dans le bec de la petite, a dit papa: reste de la grippe aviaire?


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