En famille

En résumé : j’étais partie pour voyager 2 mois en Chine sans plan précis, à part l’idée de m’approcher des mes thés préférés. Mon cousin Phil venait pour Arte filmer Daï, créateur de lieux culinaires d’exceptions dans la région du Zhejiang : un resto divin à Hangzhou et une ferme/retraite de charme dans les collines du Suichang. Le moment de faire jouer la clause « Je passais par là, j’ai vu la lumière allumée », un incontournable de la panoplie du voyageur en quête de sensations.

Phil et son équipe de tournage m’adoptent : Sophie la conseillère éditoriale es cuisines du monde, à l’origine du projet, Camille/Jing, spécialiste du thé, Gertrude la chef-op, Taï l’assistant-réalisateur-interprète-berger-des-brebis-égarées (un job pas facile)… Nos hôtes chinois me font une place généreuse et me rebaptisent Pioméi (« la cousine »), bien plus facile à mémoriser que Marine. Je ne les remercierai tous jamais assez…

C’est comme ça que j’ai speedé à Oulan-Bator, fait des rencontres extraordinaires et des banquets 2 fois par jour, découvert ce que c’est qu’un tournage de documentaire, appris plein de choses sur le thé, goûté du riz bleu, visité Canton…

Mais chaque chose en son temps… D’abord : prendre un train de nuit pour rejoindre l’équipe, direction Hangzhou (« non, je ne suis pas encore prête psychologiquement pour l’avion »).

La gare de Beijing Sud est flashy comme un aéroport et mon train n’a rien à envier au Shinkansen japonais.

Sur le quai (après le « check-in »), chaque vitre donne sur un compartiment, micro-saynète animée : je regarde les Chinois rire, manger et jouer et je me demande s’ils n’ont pas la faculté plus que nous de rester eux-mêmes au milieu de la modernité. Question que j’aurai l’occasion de me poser à nouveau dans les jours qui viennent.

A bord, je partage mon compartiment avec une petite famille. Le visage d’Ann/Xing Yué, 8 ans, passe de la stupeur au ravissement en découvrant qu’elle va partager son compartiment avec une exotique. Pour elle, de l’animation, et pour moi, un joli souvenir de voyage. Dervla Murphy raconte dans son livre Through Siberia by accident qu’on lui reproche d’aller au fin fond de nulle part pour se sentir « spéciale », dénoter dans le paysage local – ce qu’elle assume complètement. Oui, oui, assumons, c’est drôle et agréable de se sentir « spéciale » – et parfois il n’y a pas besoin d’aller bien plus loin que les sentiers battus. Ann cause déjà un peu anglais (proposé dans toutes les écoles de Beijing dès 6 ans m’assure sa maman), fait de la gymnastique et m’a l’air d’une chamante chipie, en tous cas on s’entend tout de suite.

Notre compartiment est nickel, le train rapide – et pas donné (il n’y a que des « soft-sleepers, couchettes confort sur cette ligne touristique et un wagon de sièges pour les courageux). Les trains russes sont loin. Je dors comme un charme : la récupération peut commencer.

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2 commentaires on “En famille”

  1. Hou là là quel suspens! j’ai hâte de lire la suite… Les photographies du train me donnent déjà envi d’y retourner…

  2. Marianne Gérard dit :

    la suite, la suite !!!


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