Paris !

Voila, je suis rentrée à Paris. Ca fait tout drôle de plonger directement dans l’été parisien : terrasses blindées même à minuit, averses incompréhensibles, boulangeries fermées. Je viens de réaliser que cette année, je n’aurai pas mangé une seule fraise, zut !
Rassurez-vous, j’ai retrouvé avec bonheur les amis, les cafés et mon home sweet home.
Laissez-moi quelques jours pour finir d’atterrir et je vous raconte l’armée de terre cuite, les charmes de Chengdu et la fin de ce beau voyage.
A très vite !

Le faitout, 23 avenue Simon Bolivar, 75019, métro Pyrénées

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La frontière

Le train Vilnius-Saint Pétersbourg part tous les soirs à 18h18 et arrive à 9h le lendemain matin.

Je voyage en platstkartny (3ème classe couchette) et tout me ravit des couchettes recouvertes de velours rouge au samovar que j’inaugure aussitôt avec un Pu Er. Je le partage avec Svetlana, 70 ans, fort rigolote, qui sort sa tasse en porcelaine. Elle vit avec l’un de ses fils en Lithuanie et parle de Saint-Petersbourg où vit sa fille avec des larmes dans les yeux. Je ne sais pas si c’est aussi l’âme slave qui veut ça, mais elle papote non-stop de 18h à 2h du matin. Avec moi (je ne comprends pas, mais j’écoute) puis avec nos voisines. La langue russe, pas entendue depuis longtemps, et sa petite voix chantante me bercent…

Autour de minuit, nous passons en Estonie puis en Russie : 2 heures d’arrêts, des paquets de fonctionnaires et de militaires, un chien, pour contrôler passeports et bobines, renifler et inspecter quelques sacs. Plusieurs dames m’impressionnent : impeccablement coiffés, manucurées, parfumées, en jupe ajustée, juchées sur talons 8cm. L’air pas du tout commode. Ambiance Bons baisers de Russie. Tout ça pour affronter un wagon de bouseux ensommeillés (nous).

Je retiens mon souffle, obtiens mon coup de tampon et m’endors bercée par le roulis sur ma couchette étroite. [Note pour plus tard : se souvenir de ne pas sortir la moitié de son sac à dos sur la couchette à chaque train de nuit.]


No underwear allowed (esprit mal placé)

Elle n’était pas contente la dame de l’église que je prenne la photo : c’est sacrilège peut-être. Même si techniquement c’était hors de l’église et que j’avais quand même  mon foulard sur la tête. Je n’ai pas pu résister : dans cette église orthodoxe de Vilnius, on ne peut pas rentrer avec ses sous-vêtements 😉


Vilnius

2 jours dans la charmante Vilnius, Lithuanie. « Oui, c’est joli au printemps » acquiescent les gens du coin, l’air de me dire qu’il ne doit pas faire bon venir en février.

J’admire la ferveur en ce dimanche des Rameaux pour les catholiques (majoritaires en Lithuanie), dimanche des Palmes pour les Orthodoxes. Les églises débordent, les services s’enchaînent, et qui n’a pas son petit brin à la main : fausses fleurs, paille tressée, herbes sauvages… La foi en technicolor flamboyant.

Les cafés chaleureux me font de l’oeil à chaque coin de rue avec leurs tables et bancs de bois, leurs lumières douces (nb : dans l’excellent cartoville Gallimard, adresse d’un véritable salon de thé cosy comme j’aimerais en voir plus souvent). Déçue par les musées, je me rue chez un coiffeur : entre l’imprécision de mon brief (« il faut les couper pas mal. Mais je veux continuer à pouvoir les attacher ») et la pression de s’occuper d’une Parisienne, ma coiffeuse passe une bonne heure à m’enlever 3 microns de centimètres sur chaque mèche. Impression d’avoir déjà vécu ce moment. Respect pour le coup de ciseau efficace de Carole, ma coiffeuse à Paris.

Loin du centre, balade improbable dans un quartier de maisons de bois à l’ombre des tours de la Défense locale à la recherche du grand marché. Celui du centre-ville est aussi agréable et révélateur : à vue de nez, un rayon sur 2 est consacré à la viande ou à la charcuterie. (Je ne peux pas m’empêcher, j’achète un pot de miel de 200g pour adoucir les petits-dejs transsibériens. Terroriste du voyager léger.)

Rigueur, couleurs, art de vivre et poisson fumé : ça sent le Nord et le printemps concentré, je suis tentée de faire un détour par Tallin et Helsinki, de prendre des bâteaux vers la Scandinavie… Je me souviens à temps que mon visa russe expire début mai et me promets de revenir pour une virée nordique d’été. J’attaque mon premier train de nuit, direction Saint-Petersbourg.

St Bernard et Ste Anne

Saint-Bernard et Sain-Anne, double église. Napoléon eut le coup de foudre parait-il.

St Pierre et St Paul

St-Pierre et Paul et son drakar.


Coup de coeur pour la pimpante gare de Vilnius : sa propreté, sa signalétique efficace, sa buvette avec du thé premier choix…

Connaissez-vous le laughism ?


Dialogue de voyageurs

– So I guess that you’re French… [damned, encore trahie par mon accent !]

– That’s right.

– Well, I won’t hold it against you…

– Héhé, you must be English then !

– Ah, you know what they say : best friends, worst ennemies…

Luke, British jusqu’au bout des ongles, découvre avec enthousiasme le voyage en solo par une grande boucle en Europe de l’Est. Pour faire des rencontres, il utilise cette méthode originale : il se rend dans un bar et se jette au cou des « locaux ». Ca marche – ou pas… Pour moi, les rencontres avec les gens du coin sont rares, miraculeuses, et se font toutes seules – ou pas… Peut-être que je devrais essayer la méthode de Luke les soirs de solitude blueseuse ?? En revanche, je n’hésite jamais à me jeter au cou des autres voyageurs, c’est comme ça que j’ai rencontré Luke et trouvé un super hôtel à Vilnius 😉

Good luck Luke and thank you !

PS : par ailleurs, Luke m’apprend une nouvelle boulversifiante qui m’avait échappée : Marks and Spencer revient en France ! En voilà une bonne raison de rentrer a la casa… un jour.

PS2 : je vous écris de Moscou, toujours en différé, rattrapage de blog en cours avant de prendre le train ce soir pour Kazan. Stay tuned !


Pays à vodka


Seule

Fin du trajet Varsovie-Sestokai en direction de Vilnius : j’avais le wagon pour moi toute seule. Dans le wagon voisin, 2 top-models lithuaniens (« étudiantes », tu parles). Dans le suivant, un Anglais. Un wagon par personne. J’ai profité de cette merveille : ce train désert qui nous emporte au bout de l’Europe, ce moment de paix seule avec le roulis du train, le vert tendre des champs, les mares grises frangées de pins et de bouleaux sous le ciel bleu. M’est avis qu’il n’y aura pas beaucoup de moments de solitude dans les trains et les dortoirs qui viennent.

Je fais des provisions de tranquillité.