Chengdu

Partout où j’annonce que j’ai l’intention de visiter Chengdu, capitale du Sichuan, les visages s’éclairent. Cette ville réputée pour sa qualité de vie et son art de vivre à la cool, ses maisons de thé qui envahissent les rues, et sa délicieuse cuisine épicée fait rêver les Pékinois comme les Cantonnais. Une ville en plein boom comme partout en Chine, mais qui a l’ambition de devenir une « ville jardin » de stature internationale (lire la dernière partie de l’interview de cet architecte américain qui travaille à Chengdu).

J’y reste une semaine et m’applique à en profiter au maximum – c’est à dire à ne rien faire.

Traîner dans le joli café du Loft Hostel (chambre moyenne, parties communes et staff adorables). Admirer la déco et embêter le chat.

(Ca fait plaisir de voir qu’il reste de vrais amateurs de presse magazine, n’est ce pas ?)

Regarder le spectacle de la rue.

Ou le spectacle dans la rue. Comme dans beaucoup d’autres endroits d’Asie, on vit dehors, ici avec peut-être plus d’abandon et de naturel encore.

Aller voir Kung Fu Panda II, activité culturelle incontournable : le film fait l’objet d’une curieuse polémique, certains Chinois s’indignant de la récupération de la culture chinoise par Hollywood (hum, un peu comme si nous boycottions Ratatouille).

Et puis surtout, je prends le thé avec des amis tout neufs – grâce au site Couchsurfing.org. Vous connaissez sans doute ce site qui met en relation routards fauchés ou en quête de rencontres « locales » et propriétaires de canapés-lits désireux de mettre de l’exotisme dans leur quotidien. Je n’avais pas envie de squatter un canapé mais le site permet également de se rencontrer pour un café ou une visite. A Xi’an, seules rencontres marquantes, la soupe de mouton ou les soldats de terre cuite : un peu limité en terme de conversation. A Chengdu je bénis les inventeurs du Couchsurfing.

Avec la rafraichissante Abi, branchée sur l’Australie, je visite le musée du Sichuan et croque des piments.

Dora, apprentie-interprète, look vintage délicat et accent british impec, décille mes yeux de touriste naïve et enthousiaste : ici, il n’y a que les vieux qui se la coulent douce assis dans un fauteuil. Les jeunes ont la pression à Chengdu autant qu’ailleurs en Chine. D’ailleurs, elle est passée à Aix-en-Provence  et ça, c’est une ville où les gens savent vivre ! Je lui parle de la déprime franchouillarde, des tristes banlieues des villes du Sud. On conclut sur la difficulté pour le voyageur de dépasser la surface – et la relativité de toute chose en ce bas de monde.

« Les jeunes ont la pression », voilà une expression que j’entends souvent. La pression pour gagner plus… et trouver un logement, problème n°1 des Chinois de la classe moyenne. La pression des parents aussi. Tout le monde n’a pas la chance comme Dora et Abi d’étudier l’anglais : on ne s’en douterait pas à voir sa bouille ouverte et son allure féminine mais Stéphanie fait des études d’électronique techniques… parce que son père en a décidé ainsi – et tant pis si elle ne s’y voit pas du tout.

Mister Zhou, prof d’anglais et dynamique entrepreneur, a créé un magazine bilingue et des sites pour étudiants en langues étrangères mais il prend ses après-midi pour faire autre chose. Comme rencontrer des gens comme moi et rigoler autour d’une tasse de thé.

Adepte du taoïsme, du confucianisme, du bouddhisme (comme tout Chinois cultivé d’aujourd’hui semble-t-il), il pratique aussi la semaine de 4h et l’absence management : « De toute façon, mon équipe travaille bien mieux quand je ne suis pas là, ils sont plus à l’aise ». Mister Zhou me fait découvrir le temple de Daci Lu qui me ravit avec sa tranquillité inespérée au milieu des grande avenue et des centres commerciaux de Chengdu, ses salons de thé pleins de petits vieux pas pressés, sa déesse de la fertilité représentée en apparition marine – avec  aquarium géant et vrais poissons (photo impossible hélas).


Avec Mister Zhou et Yoyo, l’une de ses étudiantes, je prends un cours accéléré de taoïsme appliqué à la vie réelle.

« Le taoisme, c’est intervenir le moins possible. »

« Viser le plus haut niveau d’excellence : celui de l’eau » (souple, « faible », elle s’écoule toujours vers le niveau le plus bas… et vient à bout des roches les plus dures)

« Gouverner un grand pays comme on ferait cuire un petit poisson » (spécial Présidentielles 2012).

« Ne rien faire et que tout soit fait »

Des pensées qui pourraient bien éclairer la rentrée, non ?

 

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A Xi’an, la plus belle armée du monde

Il était une fois un empereur brillant et cruel, qui ne craignait guère que la mort et les esprits. Pour adoucir son passage dans l’au-delà, il se fit construire un tombeau aussi grandiose que sa vie : paysans et animaux, scribes et fonctionnaires, musiciens et danseurs, une cour grandeur nature de terre cuite et de bronze, logée sur un site de plus de 50 km2. Des rivières de mercure, une armée de 8.000 soldats – fantassins, archers, cavaliers, chariots – pour le défendre des esprits. Et quelques pièges pour décourager les pillards en chair et en os. Les travaux dit-on commencèrent à son arrivée sur le trône – à 13 ans – et mobilisèrent 700.000 personnes, dont un bon nombre fut tués ou enterrés vivants avec l’empereur pour ne pas trahir les secrets de la construction. Son armée de terre ne comptait pas 2 soldats identiques, chacun peint de couleurs délicates aujourd’hui envolées.

Qin Shi Huang (259 – 210 av JC) traine une sacrée réputation : unificateur et premier empereur de Chine, initiateur de la Grande Muraille et épouvantable tyran, il aurait standardisé les mesures, la monnaie voire l’écriture chinoise, banni les livres et fait brûler les érudits pour asseoir son pouvoir. Les historiens se disputent encore pour démêler le vrai du faux parmi les légendes qui entourent son règne. Pendant ce temps-là, les excavations continuent lentement : les archéologues n’osent pas toucher au tombeau lui-même de peur de l’abimer – ou de tomber sur les pièges qui patientent depuis 2000 ans ?

L’armée de terre cuite a été découverte en 1974 par des paysans du coin. En 2011, au pays du Chai, c’est une attraction touristique de classe mondiale : zones de souvenirs, inutiles voiturettes et autres circuits audioguides vous attendent avant la visite. On peut immortaliser le moment en se faisant photographier au milieu de reproductions de soldats, un peu comme les grands de ce monde qui ont défilé par ici.

Des soldats de terre ou des escadrons de touristes, je ne sais pas ce qui est le plus efficace pour faire fuir les esprits : pour peu qu’il aime la compagnie, l’empereur doit trouver l’au-delà assez distrayant.

L’émotion est pourtant intacte. Ces 2 équipages de bronze semblent prêts à jaillir de leur vitrine.

Au milieu des flashes et des touristes piaillant, on entend presque les chevaux ronger leur mors.


Le marché au thé (2) : équations et dégustation


Quand j’ai préparé rêvé ce voyage, j’avais l’idée de partir sur la piste du thé que je bois tous les matins, le Dian Hong, un thé noir du Yunnan (les Chinois et les connaisseurs disent « thé rouge »). A Paris, on m’a découragée en me disant que sans contacts professionnels, ni parler mandarin, je n’avais aucune chance d’approcher quoi que ce soit… Pas faux sans doute. Et puis coup de chance.

Finalement, je rentre dans les coulisses. Je découvre le thé vert Long Jin de la région de Hangzhou dont l’arôme fraiche me rappelle parfois le jus de coco. La différence entre un jasmin naturellement parfumé et un thé au jasmin dans lequel on a ajouté des huiles. Les Pu Er crus et cuits. Les fabuleux Dan Cong de la région du Guangdong… Au point que Camille s’inquiète que mon éducation commence si fort : comment vais-je pouvoir apprécier encore un honnête thé de base ? Mais je tiens toujours à mon Dian Hong le matin dont on a pisté « THE factory » comme dit Camille : ses arômes n’ont rien de complexe mais le seul parfum de ses feuilles, vieille grange pleine de foin, me réveillent et m’enchantent. (Me réacclimater aux affreux thés des cafés parisiens va être plus compliqué je sens).

Déguster avec 3 experts comme Camille, Sophie et Sébastien, c’est le bonheur total pour une néophyte. Sébastien, qui représente aussi des châteaux bordelais auprès de clients chinois, me raconte qu’il a appris le vin en découvrant le thé. L’un comme l’autre ont une immense gamme d’arômes à offrir, le thé aussi fait jouer la « rétro-olfaction », en prime il se développe de manière plus complète dans la bouche, dite, euh, « multidirectionnelle ». En quelques jours, j’apprends plein de choses, de la fabrication du thé à la manière de le déguster, en voici quelques unes qui vous parleront peut-être.

Lorsque Sébastien déclare que le Dan Cong que nous buvons a d’excellents arômes mais que sa liqueur est trop raide, je percute que non, ce n’est pas moi qui aie un un chat dans la gorge ! Comme au même moment, Sophie, qui s’y connait en grands crus, m’explique que :

Dégustation = perception + verbalisation,

j’ai une double-révélation là d’un coup :

1. tout ce qui se passe dans ma tête (mon corps ?) peut être mis sur le compte du grand thé que je bois. L’exemple fourni par Sophie ( « ça se dégage littéralement au niveau des tempes ») commence à prendre du sens…

2. si je ne me formule pas les choses, je passe en partie à côté de ce que je bois.

Les amateurs de vin sentent sans doute ça depuis longtemps, pour moi c’est nouveau : jusqu’ici le thé était surtout un rituel et un réconfort, je passe à une autre étape. Dire que lors de mon premier voyage en Chine, j’avais failli recracher ma première gorgée de thé vert : « C’est quoi ce jus d’épinard ?? ».

J’apprends aussi les folies du marché : la spéculation autour du Pu Er qu’on s’arrache depuis 10 ans pour ses vertus réelles ou supposées pour la santé et ses capacités de vieillissement qui permettent la spéculation autour des « millésimes ». Le marché délire, les vrais amateurs dépriment devant les prix, puis gros trou d’air en 2008. A Fangcun, les grossistes sont  spécialisés dans une famille de thé, mais tous proposent quelques galettes de Pu Er dans un coin au cas où.

Et la folie douce des théières en terre de Yixing. Au départ, elles ne paient pas de mine ces petites choses hors de prix (à partir de 30 euros et sans problème au-delà de 200…), moi je les trouvais décoratives et toutes un peu pareilles à vrai dire. Chez les marchands de théières, on peut s’entraîner à observer les différences (« Tu vois, cette théière un peu haute convient mieux pour du Pu Er ») et même essayer la théière de son choix avant achat, c’est à dire vérifier que neuve, elle rend bien un goût « neutre ».

Quand on se met à aimer vraiment un thé, on a envie de lui en réserver une qui se patinera avec le temps, sédimentera les arômes et offrira de meilleures infusions. Ou bien on s’enflamme carrément : tout en caressant amoureusement une rousse à petits pois clairs, Camille me raconte comment elle a réparé sa théière préférée qui avait eu un accident dramatique (des heures à poncer un bout de terre avant de mélanger le résultat à du blanc d’oeuf). Sa theière se porte très bien maintenant, merci, d’ailleurs son cousin essaie toujours de la lui piquer : elle lui répond à chaque fois qu’elle ne peut pas décemment lui offrir une théière cassée. Voici une partie de la collection de Camille, qui sait exactement trouver le thé qui convient à l’instant et la théière qu’il faut pour ce thé…


Le marché au thé (1) : les marchands

Camille et Sabastien, basés à Canton, tiennent une boutique en ligne de thé haut-de-gamme et vendent du thé à des professionnels du monde entier. Plusieurs fois par semaine en cette saison de récoltes fraîches, ils s’approvisionnent au marché du thé de Fangcun, où sont installés tous les grossistes du secteur. Cette semaine-là ils m’emmènent avec eux à chacune de leurs visites.

C’est comme ça que je découvre les coulisses de ma boisson préférée. 

Le thé qui arrive dans des cartons quel que soit sa noblesse.

Le tri devant la boutique en attendant les clients : le thé arrive « brut », on le débarrasse des brindilles et feuilles cassées.

Lorsqu’on trie un grand thé, ce rebut est bien sûr assez prisé : un joli cadeau pour ses clients préférés par exemple.

Le thé finit dans des emballages flambants qu’on trouve chez un grossiste spécialisé : il est mis sous vide chez chaque marchand de thé.

Vous pouvez aussi le faire emballer dans du papier, votre contact jonglera avec habileté entre feuilles de papier épaisses et boites en bois pour vous pondre un paquet carré bien tenu.

Mais avant d’emballer, on déguste et on discute. Ici pas d’âpres négociations, l’ambiance est détendue. Les marchands nous commandent à manger ou nous font goûter le bambou épicé maison (= de la saucisse épicée en mieux) parce que nous avons une petite faim : le thé ça creuse, surtout le Oolong dont j’apprends qu’il ne faut pas le boire sur un estomac vide. A voir comme nous sommes traités, je ne doute pas que Camille et Sébastien soient de très bons clients.

J’observe les gestes des pros devant le bureau-table de dégustation. Camille souffle légèrement sur les feuilles qu’on lui présente pour mieux sentir leur parfum.

Ballet de la bouilloire, du thé et de la porcelaine : les bouilloires de compétition, la porcelaine qu’on ébouillante avant de déposer les feuilles dans le gaiwan (un petit pot à bords fins et couvercle) et qu’on rince avec la première eau. A la seconde infusion, on peut commencer à déguster.

Au fil de ces infusions très courtes (facilement 10 ou 12 et juqu’à une vingtaine pour un très grand thé), le thé déroule ses arômes. (Nb : n’essayez pas avec votre Earl Grey ou votre thé de Noël hein, ça marchera pas. Si ça vous intéresse je vous raconte dans une prochaine note ce que j’ai appris sur le thé qu’on peut appliquer dans nos théières françaises.)

Et le thé qu’on boit dans tout ça ? (A suivre le 2ème épisode, à l’heure du tea-time en France.)


Le jardin d’Eden

Une voiture, l’autoroute, des rizières, des lacets de montagne, puis un bâteau sur un lac, et enfin, une voiturette pour grimper la côte et traverser un village. Des bâtiments traditionnels aménagés avec art et sens du confort. Bien manger, se reposer et méditer au milieu d’un gigantesque potager qui ferait rêver plus d’un jardinier.

Bienvenue à Gong Geng Shu Yuan, le royaume de Daï, notre hôte. Un personnage de roman, esthète hyperactif et bâtisseur, chef de tribu autoritaire et motivant, hôte généreux et secret, lettré sans façons, un gros fumeur qui ne boit pas une goutte d’alcool, un gourmet qui aime les choses simples, les paysans et les idées. Autant d’impressions furtives, comme avec d’autres rencontres chinoises, j’aurais l’impression de ne pas saisir vraiment une once de sa personnalité sous la chaleur et la générosité : plus j’avance, plus le mystère s’épaissit…

En tous cas, à vue de nez, ce lieu représente un bel investissement : c’est quand même plus moderne que d’acheter des voitures de luxe ou de l’art contemporain, vous ne trouvez pas ? A défaut de venir jusque chez lui – ce que je vous souhaite, j’espère que vous ferez connaissance avec cet homme hors normes en regardant le film.

Créateur du lieu, il en a découvert l’emplacement en traquant les cultures anciennes pour son restaurant de Hangzhou. Ici ni engrais, ni pesticides. On ne parle que chaux, feuilles de thé et poudre de piment pour traiter la terre et les plantes.

La force de la cuisine d’ici, c’est la qualité et la fraîcheur des ingrédients et ça se sent. Sophie la spécialiste gastronomique note que beaucoup de recettes demandent très peu d’ingrédients. Mes photos ne font pas honneur au résultat final… mais c’est pas plus mal, vous ne saliverez pas devant les pavés de porc fondants, les racines de lys sauvages ou le magique riz bleu, coloré par une petite herbe de la montagne.

Dans des bâtiments à l’architecture classique, en tenue traditionnelle, les dames se (re)mettent à la broderie et donnent des cours aux paysans du coin (je me croirais dans un épisode du juge Ti). Rien de tel que l’étude des classiques pour la discipline… et le bonheur de vivre et de travailler la terre parait-il. Le matin, un cours de gymnastique inspirée du travail des paysans, pensée pour soulager leurs muscles, est proposée aux hôtes. De l’attention et de la spontanéité, beaucoup de boulot et de sourires pour faire un si bel endroit.

On nage dans un espace-temps différent, quelque part entre paternalisme « terre et tradition » et modernité efficace, entre revival confucianiste et paradis perdu de la campagne – un endroit de ce genre, on en trouve aussi en France peut-être ?

Pour moi, l’occasion de découvrir une autre Chine, très très loin de DSK (qui vous obsède au même moment), de la pollution, des centres commerciaux et du Made in China 100% plastique. Une Chine qui essaie de sortir sa campagne de la pauvreté – par le haut, qui mène la bataille de la qualité de vie plutôt que celle du PIB, redécouvre ses racines et son art de vivre.

(…Accessoirement, le régime i-dé-al pour se remettre d’un mois de trains, de dortoirs et de cuisine russe.)


Hangzhou

Lors de votre prochain voyage en Chine, n’oubliez pas de passer par Hangzhou la voluptueuse. Une cité capitale du bien vivre et du bien manger depuis des siècles, aujourd’hui bourgade de 9 millions d’habitants – sans compter les touristes. Au bord du splendide Lac de l’Ouest, on farniente sous un parapluie – pardon une ombrelle, on joue aux dominos, on écoute de la musique en agitant son éventail…

L’un de ces endroits rares à qui le tourisme en masse ne va pas trop mal : au milieu de la rue Qinghefang consacrées au shopping plus ou moins « typique » surnagent les vendeurs de nougat au sésame ou de Long Jin, le fameux thé vert de la région.

Et surtout les pharmacies traditionnelles qui donnent immédiatement envie d’attendre une consultation avec l’un des mèdecins. Dans celle-ci, une galerie au frais, une fontaine d’eau de bonne santé (j’en bois 3 verres au cas où) et un musée poussiéreux et surréaliste sur la pharmacopée chinoise.

Le genre d’endroit où j’ai envie de traîner des heures – je ne suis sans doute pas la seule.

By night, Impression West Lake : spectacle son, eau et lumière mise en scène par Zhang Yimou. On en prend plein les mirettes : une carte postale « Beautés de la Chine classique », en harmonie parfaite avec l’aménagement du lac.

Argument massue qui devrait vous décider : les restaurants gastronomiques de la ville. (Je précise que ce post N’EST PAS sponsorisé par l’office du tourisme d’Hangzhou ;o) Le divin Long Jin Manor de Daï joue la discrétion à l’écart. Dans un grand jardin, des bassins tranquilles et des petits bâtiments isolés les uns des autres en guise de salle à manger (le personnel « en salle » doit faire un paquet de kilomètres en une journée). Dans le jardin, on transbahute un panier de canards qui bavassent en toute inconscience. Le grand chef trie la salade, ça rigole en cuisine… Ici on ne sent pas passer le coup de feu.

On peut se consacrer au plaisir du banquet : picorer à sa guise dans une vingtaine de plats délicieux et tout frais qui défilent sur le plateau rond : légumes fondants, pavés de tofu et de gluten, bambous tendres, porc savoureux, minuscules concombres hérissés qui vous font (re)découvrir le concombre, petite soupe à la poire… Certains disent que le Longjin Manor est le meilleur restaurant de Chine ! Je manque de points de comparaison, je me suis contentée de me régaler.

Je ne sais pas si tout ça vous a donné envie de venir à Hangzhou : en tous cas, on vous y attend de pied ferme…


Lac Baïkal, hors saison, temps gris

Balade au bord du lac Baïkal quelques jours après une tempête de neige qui a détempé les chemins. Temps gris et couvert. (Pardon pour le nombre de photos : je n’ai pas pu choisir ! J’espère qu’elles vont vous transmettre un peu de la magie du lieu).

Je prends le Circum-Baïkal, petit train touristique, et fait plein de charmantes rencontres russes et francophones. On se balade de micro-villages en tunnels historiques de la construction du Transsibérien.

A bord du Circum-Baïkal, 8h : petit-déj

Ce monsieur est en train de prendre de l’eau à la pompe, scène que je vois plusieurs fois devant ces vieilles maisons de bois, y compris en pleine ville à Irkoutsk.

Lena, ma voisine moscovite.

Olga, 88 ans, m’alpague et me fait visiter sa maison. Cartes à jouer sur sa table, foi fièrement affichée, lunettes, poêle : elle me rappelle ma grand-mère.

Bortsch arrosé d’eau de vie sibérienne. Moment dramatique : j’apprends que le Lac Baïkal ne deviendrait un océan que dans 2 millions d’années environ. Sapristi, moi qui voulais voir ça !

Puis direction Listvianka en ferry. Je m’y arrête 2 nuits, dans une chambre d’hôtes délicieusement déserte. Pesonne en ce milieu de semaine d’avril – l’été Listvianka doit être pleine à craquer. Je suis au bout du monde.

Une cafeteria déserte comme je les aime. Sinon ici, on se régale d’omoul, poisson qui ne vit que dans le Baïkal.

Et puis le lendemain, jour de mon départ…

Un quart d’heure pour absorber bleu Baïkal à fond avant de prendre le mini-bus de 8h30 pour Irkoutsk :