Berlin-villages

Je profite de Skype (via iPhone : génial ! C’est le moment de m’envoyer vos ID Skype si ce n’est déjà fait) pour appeler mon père. Il me prend au dépourvu :

– Et les visites de musées alors ?

– …??

Ca m’était complètement sorti de l’esprit ! Je suis bien trop occupée à :

Visiter la succursale berlinoise de Globetrotter, histoire d’apprendre à mieux ajuster mon sac. Comme ça je peux l’alourdir encore : en plus de Michel Strogoff (c’est pas le comble du romantisme de le relire dans le Transsibérien ?) et d’un beau livre bilingue de poésie offert par Charlotte pour draguer crâner auprès des Russes, j’ajoute : La voleuse de Livres, chaudement recommandé par Bettina, et un de mes classiques préférés, Orgueil et Préjugés, remastérisé en film d’horreur : Pride and Prejudice and Zombies. Je prends une crise de fou rire en feuilletant « Chinenglish », la Chine sous son jour le plus drôle. Tout ça chez Dussmann, magnifique librairie avec de beaux fauteuils partout pour lire pendant des heures.

Traîner dans des cafés improbables. Admirer les looks berlinois, smarts et sportifs pour enchaîner trajets en vélo sous climat continental et cafés bobos : capuches, baskets, vestes polaires, écharpes artistement enroulées, couleurs sourdes. A vrai dire, ce qui me plait surtout c’est que je ne détonne pas avec mes pantalons en velours et mes chaussures de chantier : cet hiver, mon arrivée au milieu des fashionistas arty de Buenos Aires avec mes fringues de routarde fatiguées m’avait traumatisée.

Ecouter Guido me raconter Berlin, patchwork de villages en rivalité permanente. Le Mur et sa chute ont encore complexifié les relations. L’une de ses voisines, dans son quartier de Schöneberg (très « Ouest »), lui a tourné le dos lorsqu’elle a appris qu’il habitait auparavant du côté de Prinzenstrasse, ex-Est pourtant devenu très branché. Les habitants du prospère « Prenzhauer Berg » ne se remettent pas d’avoir été englobé par la dernière réforme administrative dans l’appellation « Pankow », le quartier voisin, celui des villas d’aparatchiks de la RDA, qui s’enfonce dans la déconfiture depuis 20 ans. Même les moins de 20 ans trimballent parfois la frustration d’être né « du mauvais côté »…

Prendre goût au sauna. Puisque la salle de bains de Guido est hors service pour plusieurs semaines, il a pris ses habitudes chez Liquidrom : saunas et hammams avec options et températures différentes, piscine bien chaude sous les étoiles, piscine intérieure psychédélique avec musique sous l’eau, design nordique impeccable. 3 heures de bonheur pour moins cher qu’une entrée au Hammam Pacha à Paris.

Faire réparer mon iPhone dans un magasin dont c’est l’unique spécialité (avons nous la même chose à Paris ??). Constantin ne fait que ça, en direct sous le regard appréciateur des clients qui patientent. Pour sa dextérité et peut-être aussi pour ses faux airs de Brad Pitt – en plus jeune/branché/berlinois…

….« Fatiguée ? Déprimée ? Venez faire une petite révision de printemps à Berlin ! »

Adresses berlinoises :

Dusmann : Friedrichstrasse 90, U and S-bahn Friedrichstrasse

Juste à côté, grande cantine à sushis super frais et pas chers : Ishin, Mittelstrasse 24

Liquidrom

Qoodoo, réparateur d’iPhone, Grunewaldstrasse 9, U-bahn Kleistpark (ne pas manquer l’improbable cafe gelateria à la sortie du métro en photo ci-dessus. Autres cafés plus bobos dans les rues Akazienstrasse et Goltzstrasse)

La rue Oranienstrasse, ses boutiques (UVR au n°36) et cafés (Le bâteau ivre au n°18), son musée des Trucs au n°25 (Museum der Dinge, 2ème étage), fermé lors de mon passage, mais rien que le distributeur de pochettes surprises poétiques à l’entrée vaut la visite… U-bahn Moritzplatz

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Guido

A Berlin, je suis logée comme une princesse chez Guido. On s’est rencontrés en Inde l’an dernier à Hampi, un village du Karnataka, un de ces lieux privilégiés auxquels le tourisme ne va pas trop mal, qui ont conservé leur magie… (et promis j’arrête avec mes réunions d’anciens combattants. D’ailleurs je n’ai plus que des rencontres nouvelles devant moi. Enfin j’espère !)

Guido vit dans un vieil appartement plein de charme du quartier de Schöneberg : plafonds très hauts, parquet à grosses lattes, vue sur cour avec option barbecue et pelouse où son chat Carlebach fait régner la loi. Guido se déplace presque toujours en vélo – sauf s’il neige. Entrepreneur inventif, adepte de la semaine de 4 heures (la méthode, parce que la semaine ne fait jamais vraiment 4h), il a créé une entreprise de service b to b entièrement dématérialisée grâce à internet et à la sous-traitance (assistants virtuels, call-center, compta, serveurs…). Pas de bureaux, lorsqu’il en a besoin il va chez Betahaus : 200 places en libre-service pour free-lances avec cafétéria, imprimantes et tout le confort moderne, disponible à la demande pour une journée ou plus, avec en option pour les fidèles : séminaires, coaching… (est-ce qu’on a la même chose à Paris ?). Il voit sa chef de projet une fois par mois et les 2 super assistants qui complètent son équipe, il ne les a jamais rencontrés dans la vraie vie. Il met en relation des artistes et des entreprises qui ont besoin de directeurs artistiques et d’acteurs pour des projets d’animations. A part la dématérialisation, rien que des problèmes d’ego et d’humains à gérer, et ça Internet n’y peut rien.

A part ça, il trouve le Berlinois plutôt grincheux (un peu comme moi avec le Parisien quoi) et il s’apprête à prendre un nouveau départ à l’étranger. Bonne chance Guido et merci pour tout, à bientôt !


Globetrotter

Un grand magasin de 4 étages entièrement consacrés à l’outdoor et au voyage. Un bassin pour tester votre canoé avant de l’acheter. A moins que vous ne soyez venus chercher une veste spéciale « conditions extrêmes » auquel cas vous pouvez la jauger sous la douche ou dans une chambre glaciale. Un couple monte les escaliers avec ses bâtons de marche, des enfants attendent leurs parents en s’initiant à l’escalade au soleil. Des linéaires de portefeuilles, sacs, livres, matériel pour enfants… A chaque section je saute au cou des vendeurs et les informe que nous n’avons vraiment rien d’aussi bien à Paris – des fois que ça leur donne l’idée d’ouvrir une succursale. Le Vieux Campeur, trop orienté montagne à mon goût, est écrasé à plates coutures.

Je pourrais écrire un bottin sur les préparatifs, le contenu de mon sac et mes atermoiements sans fin sur le choix de chaque paire de chaussettes. Il me faudrait surtout un guide pratique Marabout ou une session de coaching spécialisée pour apprendre à voyager léger… En attendant, vous serez certainement captivés d’apprendre que j’ai acheté chez Globetrotter :

– un petit sac pour la journée : parfait pour équilibrer mon gros sac à dos. J’y glisse mon petit ordinateur mais aussi GQ et Point de vue que je songe à traîner jusqu’en Sibérie pour être sûre de ne pas m’ennuyer dans la steppe.

– une indispensable serviette qui sèche vite : la princesse au petit pois en moi frémit à l’idée de devoir se sécher avec un genre de peau de chamois synthétique mais ça sèche super vite et c’est léger.

– une thermos pour jeter l’eau brûlante du samovar sur le thé amené de France en 3 variétés différentes. Le Lapsang Souchong me manque déjà, je suis sûre que j’en trouverai à Moscou.

– une nouvelle trousse de toilette : la précédente était encore poisseuse d’une fuite d’huile de massage lors du dernier voyage.

Bref, mon sac qui allait « sûrement peser 8 à 10 kg » assurais-je 2 jours avant le départ, en pèse 14 en réalité. Mais finalement c’est pas très lourd pour un long voyage au froid et au chaud, si ?

Pour alléger mon karma à défaut de mon sac, je n’ai pas manqué de rendre visite à la cathédrale de Cologne. Si furieusement noire et gothique à l’extérieur, si majestueuse à l’intérieur, le fond si loin qu’il semble noyé dans une brume ou dans le glacis d’un tableau. Comme je n’avais pas eu le temps de passer à Sainte-Rita boulevard de Clichy avant de partir, j’ai fait brûler un cierge pour faire un beau voyage. Et que vous vous portiez tous bien en mon absence. Rendez-vous à Berlin.


PS : une excellente adresse de brunch pour votre prochain séjour à Cologne, à 2 stations de S-bahn de la cathédrale/gare : Die Zeit der Kirschen, Le temps des cerises, avec sa longue salle toute en bois clair et ses murs couverts de tableaux, son jardin au calme et son super brunch : confitures maisons, excellentes salades (j’adore le mix orange-fenouil), et de nouveaux plats qui arrivent sans cesse : canapés de saumon, omelette norvégienne géante… 16€ hors boissons chaudes. Réserver.

Venloer Str 399, 0221 9541906, http://www.dzdk.de